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Garçons-Filles : état des lieux

Lors d’une conférence intitulée « Garçons-filles : état des lieux », des jeux de pouvoir et de séduction apparaissent entre les intervenants. Peu à peu, la parole des spécialistes devient plus personnelle, plus intime, parfois percutante. Apparait ainsi le décalage entre les représentations sociales de l’homme et de la femme et le vécu personnel de chacun. Alternant humour et moments graves, les personnages soulèvent de nombreuses questions sur l’identité masculine et féminine, les préjugés qui les accompagnent, les inégalités, la sexualité, les violences sexistes et conjugales, les représentations de la femme et de l’homme dans les médias. Dans les établissements scolaires, le spectacle est suivi d’une discussion au sein de chaque classe animée conjointement par un comédien et une comédienne. Cet espace de parole permet aux adolescents d’exprimer leurs opinions et de les confronter à celles des autres, dans un souci de respect mutuel et d’argumentation des idées. Sur ces mêmes thèmes, la compagnie propose aussi des ateliers d’expression artistique mêlant écriture, théâtre ou vidéo.

Presse

La compagnie de théâtre Kartoffeln n’a pas attendu les ABCD de l’égalité pour travailler dans les établissements scolaires la question du genre et des relations entre filles et garçons. Depuis près de dix ans, elle propose des spectacles suivis de débats sur les rôles assignés à chacun, le désir, la réputation, les rumeurs, les différences salariales, les enfants, les tâches ménagères, l’égalité. L’idée est moins de convaincre que de faire comprendre les mécanismes de domination masculine, de construction des genres. Libération a accompagné les comédiens dans un collège de Vitrolles, puis dans un autre des quartiers Nord de Marseille, et enfin dans un foyer des quartiers Sud, où des adolescents sont placés.
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Quand la Cie Kartoffeln déflore les tabous des collégiens. Avant les vacances de février, les élèves de 4e du collège André-Malraux à Marseille ont eu droit à une conférence un peu particulière… La Cie Kartoffeln est venue présenter son spectacle Garçons-filles : état des lieux, résultat d’un travail de plusieurs années, au fil d’une tournée qui faisait escales dans plusieurs escales de la ville et du département. Les réflexions poétiques percutantes et parfois subversives y côtoient un humour mordant pour rendre compte des relations qu’entretiennent garçons et filles, futurs hommes et femmes, et sur les difficultés qu’ils ont à s’exprimer librement, à écouter les points de vue de l’autre, bref à « s’entendre »… « Tu les vois arriver, les deux heures d’emmerdes? » lance une collégienne installée à sa voisine. Là réside la supercherie. Les élèves ont été délibérément trompés sur la nature de la rencontre, et pensent assister à une conférence classique. Mais il ne sera question ici de couper les cheveux en quatre sur des logorrhées ronflantes d’experts mais bien de théâtre. Dans cette « fausse conférence » créée en juin 2006 au théâtre Massalia, les comédiens de Kartoffeln passent du rire à l’émotion par la caricature, l’humour et des situations qui résonnent dans le vécu des adolescents. Les réactions enthousiastes et les rires tonitruants ne se font pas attendre. C’est où le clitoris? Après la représentation, les élèves se réunissent par classe et sont invités à débattre de la pièce en présence de leur professeur, d’un comédien et d’une comédienne. D’abord renâclant à sacrifier leur récréation pour une heure de discussion, ils se laissent vite prendre au jeu de la maïeutique. Les garçons provoquent, les filles restent un tantinet discrètes. Imène, 13 ans se décide : « C’est quoi l’excision ? » Les élèves tentent quelques définitions mais c’est la comédienne Atsama Lafosse qui, de sa voix puissante, explique comment se présente le sexe féminin et décrit la fonction du clitoris. Cependant les réactions des jeunes se font souvent provocantes et les clichés sexistes, misogynes et homophobes vont bon train : « ça fait gay pour un homme de rester à la maison » dit l’un. Tolérance, respect, confiance… ces mots-là n’ont hélas pas toujours droit à résidence. Ce qui ne fait que conforter la nécessité du dialogue et de l’échange sur de tels sujets.
La Marseillaise / Maud Revol

Au collège de l’Estaque, les élèves étaient convoqués à un débat plutôt rébarbatif sur les relations garçons/filles. Des conférenciers sévères débattent de questions de principe. Mais la situation bascule vite et le ton compassé des intervenants, l’hygiénisme des graphiques et des statistiques cèdent devant l’humanité des protagonistes… Le macho, le puceau, la tapette, la Barbie, la ménagère, la coincée, l’intello : les lieux communs se fissurent les uns après les autres, à la faveur d’une danse qui les réconcilie, d’un rire qui les démasque, ou d’une confidence qui les gomme. Avec une remarquable économie de moyens, la compagnie Kartoffeln propose aux collèges du département un spectacle intelligent et sensible, qui joue sur la confusion des situations, entre la fiction théâtralisée et le débat à chaud, et sur la ligne de partage, à la fois ténue et essentielle, entre le masculin et le féminin, entre la caricature sociale et la singularité des êtres qui les incarnent. Aboutissement d’un travail en ateliers réalisés avec plusieurs collégiens, ce projet hybride transforme ainsi l’espace scolaire en un laboratoire où chacun expérimente son intimité et son rapport à l’espace public. Le débat qui suit permet aux élèves de revenir sur les questions évoquées, de la sexualité aux violences conjugales, de la répartition des tâches domestiques à celles des métiers. Manipuler les préjugés est un pari dangereux, qui conduit parfois à entériner les stéréotypes au lieu de les désamorcer : le spectacle relève le défi avec simplicité et sincérité, et a l’immense mérite de soulever beaucoup de questions sans prétendre les résoudre, des plus complexes aux plus drôles : et au fait, Monsieur, pourquoi il n’y a pas de pompom boys ?
Zibeline / Aude Fanlo

Informations pratiques

Texte : création collective d’après une idée originelle de Julien Bucci
Mise en scène : Bruno Deleu
Interprétation : Denis Barré, Jean-Michel Bayard, Karine Fourcy, Céline Giusiano, Justine Simon et Pascal Vochelet
Durée : 50 min
Lieu : tout lieu avec obturation de la lumière extérieure
Technique : spectacle entièrement autonome
Public : adolescents, adultes
Jauge : 50 à 100 personnes selon le lieu et le public

Tournée

Historique :
Théâtre Massalia / Marseille (13), Colloque ADEJ-CG13 / Marseille (13). Tournées dans les collèges financée par le Conseil Général des-Bouches-du Rhône (115 représentations entre 2007 et 2012). Création d’une nouvelle version en novembre 2012. Tournée dans les collèges financée par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône (38 représentations en 2012/2013)

Dates à venir :